Automatisation de la mise en page: pourquoi chaque document est unique
L'automatisation de la mise en page peut sembler être une procédure simple : on saisit les données, on obtient un document fini. Dans la pratique, c'est bien plus complexe ! En effet, une bonne mise en page automatisée ne doit pas seulement restituer correctement les données, mais aussi comprendre la fonction du document, son groupe cible et son objectif de communication.
Une liste des prix obéit à d’autres règles qu’un dépliant destiné à susciter l’émotion. Une brochure produit doit laisser de la place aux informations techniques, tandis qu’un catalogue de produits doit avant tout convaincre par une structure cohérente et une bonne « navigation ».
C’est précisément là que réside l’un des plus grands défis de l’automatisation de la mise en page : tous les documents ne peuvent pas être créés avec le même degré d’automatisation et selon les mêmes règles.
Voici les principales différences entre quatre types de publications typiques :
1. La liste des prix – du simple tableau de chiffres à un outil d’aide à la sélection
La liste des prix classique pose un problème : elle est rapidement perçue comme un simple tableau de chiffres. Or, pour ses utilisateurs, elle représente bien plus que cela. Elle doit aider à comparer les produits, à distinguer les variantes et à prendre une décision d’achat.
Pour qu’une liste des prix générée automatiquement remplisse cette fonction, quatre caractéristiques essentielles doivent être réunies :
• Concision : de nombreuses informations doivent être regroupées dans un espace aussi réduit que possible.
• Actualité : les prix et les données de produits ne doivent pas être obsolètes. La liste des prix doit donc pouvoir être mise à jour très rapidement et dans son intégralité.
• Exactitude : les chiffres, les unités, les variantes et les correspondances doivent être corrects et fiables.
• Structure : l’utilisateur doit reconnaître d’emblée quelles informations sont liées et de quelle manière – par exemple, dans le cas des variantes de produits.
Un simple fichier Excel atteint rapidement ses limites à cet égard. Le passage à une mise en page soignée ne doit toutefois pas nécessairement impliquer davantage de travail manuel – bien au contraire. C’est là que l’automatisation peut particulièrement bien mettre en avant ses atouts. Si les données relatives aux produits et aux données de prix sont gérées de manière centralisée, les modifications peuvent être répercutées de manière cohérente dans le document. Parallèlement, la mise en page peut être optimisée de sorte que la liste des prix, sous forme de fichier compact pour le téléchargement, s’affiche correctement à l’écran.
2. Le dépliant – place à l’émotion
Avec le dépliant, les priorités changent. Les chiffres, données et faits restent importants, mais ne sont plus au centre de l’attention. Un dépliant doit attirer l’attention, susciter l’intérêt et, dans le meilleur des cas, inciter à l’action.
Sa structure narrative suit donc souvent un schéma :
Accroche → Problème et solution → Détails → Appel à l’action
Cette structure narrative représente un défi particulier pour l’automatisation. En effet, alors que les données peuvent être structurées relativement facilement, la structure visuelle est moins facile à standardiser.
Un dépliant tire sa force d’une conception personnalisée, par exemple sur quatre, huit ou seize pages. Les images peuvent être de tailles différentes, les titres nécessitent plus ou moins d’espace et certains contenus doivent être mis en avant de manière tout à fait délibérée. L’automatisation de la mise en page atteint rapidement ses limites : quel contenu joue quel rôle dans le document ?
Plus un support devient émotionnel et personnalisé, plus il est important de disposer de règles de mise en page flexibles, d’une marge de manœuvre créative et de possibilités d’intervention manuelles. Le dépliant met en évidence un point essentiel : l’automatisation ne signifie pas la suppression de la conception. Elle signifie traduire la conception en règles là où celles-ci ont un sens.
3. La brochure produit – destinée aux connaisseurs
La brochure produit s’adresse généralement à un public qui souhaite en savoir plus sur les capacités d’un produit. Il s’agit ici moins d’une impulsion émotionnelle que d’une profondeur d’information et d’une qualité technique.
En conséquence, une brochure doit laisser la place à :
- Détails techniques
- des variantes de produit
- Des graphiques, des dessins techniques
- Exemples d'application
- Tableaux et spécifications
- « Contenu d’entreprise » complémentaire
Il en résulte un mélange passionnant de données structurées et de contenus rédactionnels. Les variantes de produits et les caractéristiques techniques peuvent très bien être reprises à partir d’une source de données centrale. Les tableaux, spécifications ou dessins récurrents peuvent également être placés selon des règles fixes.
Il en va généralement autrement pour le « contenu d’entreprise » : l’histoire de l’entreprise, les domaines d’expertise, les textes complémentaires et les messages de marque ne suivent pas nécessairement une structure fixe. Ici, des choix rédactionnels et un contexte créatif sont nécessaires.
La brochure produit se situe ainsi à mi-chemin entre la publication de données de produits et la conception graphique classique. Une automatisation réussie doit concilier ces deux univers : les données de produits structurées doivent être intégrées, dans la mesure du possible, sans intervention manuelle, tandis que les contenus individuels et la mise en page doivent rester flexibles là où ils sont déterminants pour la qualité du document.
4. Le catalogue de produits – tout sous les yeux
Dans le cas du catalogue de produits, la quantité devient le facteur déterminant. De nombreux produits, de nombreuses variantes, de nombreuses informations techniques – et pourtant, l’utilisateur doit garder une vue d’ensemble à tout moment. La clarté n’est pas ici une simple question de design, mais une exigence fondamentale.
Un catalogue de produits réussi nécessite :
- Des structures claires et reproductibles
- Une hiérarchie d'informations cohérente avec des regroupements logiques
- Des présentations de produits sans ambiguïté
- Une « navigation » simple grâce à des répertoires et, le cas échéant, des références croisées
Plus la gamme de produits est vaste, moins il est possible de prendre des décisions individuelles en matière de conception. La reproductibilité devient alors un facteur de réussite décisif. Et c’est précisément là que réside le plus grand potentiel d’automatisation. Lorsque les produits, les variantes, les textes, les images, les données techniques et les relations du produit sont structurés, de grandes parties du catalogue peuvent être générées de manière entièrement automatique sur la base de règles de mise en page définies.
Bien entendu, cela ne fonctionne de manière fiable que si la qualité des données est au rendez-vous et si les règles sont clairement définies. Un catalogue met particulièrement en évidence les erreurs de données : un attribut erroné, une variante manquante ou une désignation incohérente peut avoir des répercussions non seulement sur une page, mais sur des dizaines de pages.
Le véritable défi de l’automatisation ne réside donc pas uniquement dans la mise en page. Il commence avant même la mise en page, au niveau des données, des structures et des règles.
Conclusion
Ces quatre exemples montrent clairement que l’automatisation de la mise en page n’est pas un processus uniforme : la liste des prix doit avant tout être concise et à jour. Le dépliant, quant à lui, nécessite une mise en scène et une liberté de conception. La brochure produit doit combiner des données structurées et des contenus rédactionnels. Quant au catalogue de produits, il bénéficie de règles cohérentes et reproductibles, ce qui lui confère le plus grand potentiel d'automatisation.
Il ne fait aucun doute qu’un outil d’automatisation doit prendre en compte ces différents cas de figure et les prendre en charge de manière optimale.
Jean-René Thies est consultant et chef de projet chez crossbase Allemagne et gérant de notre filiale française. Il s'y connaît donc très bien : tant pour les questions relatives au choix et à l'implémentation d'un système PIM que pour celles qui se posent ensuite lors de l'exploitation.
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Jean-René Thies
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